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Pénurie de granulés en 2026 : faut-il faire son stock de granulés maintenant ou attendre ? Prix départ usine en hausse, stocks de sécurité en baisse, marché allemand sous tension : les signaux s’accumulent avant l’hiver 2026-2027. Pourtant, aucune pénurie nationale n’est annoncée en France. Notre position chez BSM est simple : le vrai risque n’est pas de manquer de pellets, c’est d’attendre le premier grand froid avec une réserve vide, ou à l’inverse de stocker deux hivers par peur.
Si vous chauffez votre maison aux granulés de bois, vous connaissez ce moment de l’année. Les matinées fraîchissent, le poêle se rallume le soir, et la réserve du garage redevient un sujet de conversation.

Une question finit alors toujours par se poser, surtout quand les articles sur une possible pénurie commencent à circuler.

Faut-il commander son stock de granulés maintenant, au risque de payer le tarif d’automne et d’encombrer le garage ?

Ou attendre encore quelques semaines, en espérant que le marché se détende ?

À l’approche de l’hiver 2026-2027, plusieurs signaux méritent effectivement votre attention.

Les coûts de production ont progressé chez les fabricants de pellets.

Certains stocks de sécurité se sont réduits, et le marché se tend chez plusieurs de nos voisins européens, à commencer par l’Allemagne.

⚠️ Mais attention
Aucune pénurie nationale de granulés n’est aujourd’hui annoncée en France. Les signaux justifient de surveiller le marché et de vérifier sa réserve, pas de céder à la panique. Reste à savoir s’il faut vraiment anticiper, et dans quelle mesure.

Pénurie de granulés en 2026 : que disent vraiment les signaux du marché ?
▸ Premier signal : les prix départ usine augmentent

Pour comprendre la situation, regarder les étiquettes en magasin ne suffit pas.

Il faut remonter la chaîne jusqu’aux fabricants, là où se forment les prix.

Les dernières données professionnelles montrent une progression sensible sur un an des prix départ usine, pour les granulés en sacs comme pour le vrac.

Autrement dit, une pression existe déjà en amont de la distribution, avant même que les particuliers ne passent commande.

Côté consommateur, les prix restent pour l’instant loin des sommets de 2022. Fin août 2026, une palette de 66 sacs de 15 kg se négociait en moyenne autour de 350 €, et la tonne livrée en vrac tournait plutôt autour de 400 à 410 €, avec de forts écarts selon les régions et les frais de livraison.

L’une des explications de cette hausse en amont vient de la matière première.

Les granulés sont fabriqués en grande partie avec des sciures et des coproduits de l’industrie du bois. Moins les scieries tournent, moins il y a de sciure disponible.

Or ces matières sont aussi recherchées par d’autres secteurs, comme les panneaux de bois ou la litière animale.

Si leur disponibilité diminue ou si la concurrence pour les utiliser augmente, les fabricants de pellets sont directement touchés, et cela finit par se retrouver dans le prix du sac.

▸ Deuxième signal : des stocks de sécurité en baisse chez les producteurs

C’est probablement l’indicateur le plus intéressant à surveiller avant l’hiver.
Une synthèse professionnelle de Biomasse Énergie Atlantique, s’appuyant notamment sur les données du CEEB, faisait état en juin 2026 d’une forte diminution sur un an des stocks de sécurité chez les producteurs (biomasseatlantique.com).

Mais il ne faut pas confondre deux choses très différentes.

Des stocks plus faibles ne signifient pas qu’il y aura pénurie. Ils réduisent simplement la marge de manœuvre de la filière si la demande s’emballe.

Pendant ce temps, les usines françaises continuent de produire, et leur production s’étale sur toute l’année.

La France dispose aujourd’hui d’un réseau dense d’unités de fabrication réparties sur tout le territoire (propellet.fr).

Le risque réel serait plutôt de voir plusieurs événements s’enchaîner en même temps :
→
❄️ Arrivée du froid
→
🛒 Commandes massives
→
🚚 Livraisons sous pression

C’est à ce moment précis que la situation peut se compliquer : pas parce que les granulés manquent, mais parce que tout le monde les veut la même semaine.

▸ Troisième signal : l’Allemagne et l’Autriche gardent leurs volumes
La France n’est pas seule sur le marché européen des pellets, et une partie de sa consommation est couverte par des importations.

L’Allemagne a notamment connu des tensions plus marquées durant l’été 2026.

En cause, le ralentissement de certaines activités de sciage outre-Rhin.

Moins de bois scié, c’est mécaniquement moins de sciure disponible pour fabriquer des granulés.

Cela ne veut toujours pas dire que la France manquera de pellets.

En revanche, une partie des volumes produits en Allemagne ou en Autriche peut être davantage absorbée par leurs marchés intérieurs (biomasseatlantique.com).

Si plusieurs pays connaissent une forte demande au même moment, les importations deviennent une sécurité moins confortable. Le contexte énergétique n’aide pas : le prix repère du gaz a encore augmenté de 5,6 % au 1er septembre 2026, ce qui pousse davantage de foyers vers le granulé.

Pourquoi la peur de manquer est le vrai danger

Un phénomène peut transformer très vite une simple tension en situation difficile.

La peur de manquer.

Le mécanisme est toujours le même. Un foyer achète son stock habituel pour la saison.

Son voisin entend parler d’une possible pénurie et en commande deux fois plus, « au cas où ».

Puis des milliers de foyers font la même chose en quelques semaines.

Les commandes grimpent alors bien plus vite que la consommation réelle, et les dépôts se vident alors que les poêles n’ont pas brûlé un sac de plus.

Propellet, l’association nationale du chauffage au granulé, a déjà expliqué que ce surstockage accentue lui-même les tensions d’approvisionnement (propellet.fr).
📌 Le précédent de 2022
Pendant la crise énergétique, la tonne de granulés est passée d’environ 280 € en juillet 2021 à 550 € en juillet 2022, selon Propellet. La filière parlait alors de « tension exceptionnelle » plutôt que de pénurie : une bonne part du manque ressenti venait des achats de précaution, et le marché s’est détendu dès que la ruée s’est calmée.
La mauvaise stratégie serait donc de raisonner ainsi :
« J’ai peur d’une pénurie, alors je stocke pour deux hivers. »

Faut-il acheter ses granulés maintenant ?

La réponse dépend d’abord de votre maison et du rôle que joue le poêle dans votre chauffage.

Si votre poêle est un chauffage d’appoint, qui complète des radiateurs ou une pompe à chaleur, la situation est confortable.

Si en plus vous avez déjà une réserve correcte, inutile de vous précipiter : vous pourrez compléter au fil de l’hiver.

Si les granulés sont votre chauffage principal et que votre réserve est faible, le raisonnement change complètement.

Attendre volontairement les premiers grands froids n’a alors rien d’une bonne idée.

Le premier problème risque de ne pas être une pénurie nationale, mais tout simplement des délais de livraison plus longs quand les commandes augmenteront d’un coup. Les distributeurs le constatent chaque année : les délais commencent à s’allonger dès octobre.

Poêle d’appoint + réserve correcte
Pas d’urgence. Complétez au besoin pendant l’hiver, sans surstocker.
Chauffage principal + réserve faible
Commandez dès maintenant de quoi couvrir la saison de chauffe, pas davantage.
Les deux cas
Comparez au moins deux ou trois fournisseurs locaux : la livraison pèse lourd dans le prix final.
La bonne stratégie consiste donc à sécuriser raisonnablement une saison de chauffe, plutôt qu’à essayer de deviner l’évolution des prix.
🛡️ Méfiez-vous des offres trop belles
Les périodes de tension attirent les arnaques : prix très inférieurs au marché, livraison gratuite quelle que soit la quantité, délais express. Privilégiez un fournisseur connu, vérifiez la certification des granulés (ENplus A1, DINplus ou NF) et payez à la livraison.

Combien de granulés acheter pour l’hiver ?
Avant de commander quoi que ce soit, posez-vous quatre questions très simples.

- 1️⃣Combien me reste-t-il de granulés ? Comptez les sacs, tout simplement.

- 2️⃣Combien ai-je consommé l’hiver dernier ? C’est votre meilleure référence, bien plus fiable qu’une moyenne nationale. Pensez à noter chaque achat pour l’année prochaine.

- 3️⃣Le poêle est-il mon chauffage principal ? Un appareil qui chauffe toute la maison consomme deux à trois fois plus qu’un appoint.

- 4️⃣Puis-je stocker correctement ce dont j’ai besoin ? Cette dernière question est souvent oubliée, et c’est elle qui fixe la limite raisonnable de votre commande.
Si vous n’avez aucun historique, voici quelques ordres de grandeur pour vous situer. Ils varient beaucoup selon l’isolation, la région et vos habitudes de chauffe.
Comment bien stocker ses granulés de bois ?
Acheter une grosse quantité n’a aucun intérêt si les sacs se dégradent dans un coin humide.

L’ADEME recommande de conserver les granulés à l’intérieur, dans un endroit sec et aéré.

Les sacs doivent être surélevés par rapport au sol, sur une palette par exemple, pour éviter les remontées d’humidité. Un granulé qui a pris l’humidité gonfle, s’effrite et encrasse le poêle.

L’ADEME conseille aussi de prévoir une quantité adaptée à une seule saison de chauffe et d’éviter d’en acheter pour plus d’un an, car la qualité des granulés peut se dégrader avec le temps.

- ✅Un local sec, ventilé, à l’abri du gel et des écarts de température
- ✅Les sacs posés sur une palette, jamais à même la dalle
- ❌Pas de stockage dehors sous une simple bâche, ni contre un mur qui suinte
- ❌Pas de sacs entamés laissés ouverts plusieurs semaines

▸ Silo et grosses quantités : attention au monoxyde de carbone
Si vous utilisez un silo ou stockez une quantité importante de granulés dans un espace confiné, une vigilance supplémentaire s’impose.
L’Anses a rappelé en 2026 que des granulés stockés peuvent, dans certaines circonstances, dégager du monoxyde de carbone même sans aucune combustion.

Le phénomène reste rare, mais le monoxyde de carbone est invisible et inodore : on ne le détecte pas sans appareil.

Respectez donc les règles de ventilation et d’accès aux espaces de stockage : aérer avant d’entrer dans un silo, ne jamais y descendre seul, et installer un détecteur de CO à proximité (vigilanses.anses.fr).

La règle BSM Premium à retenir avant l’hiver
Avant l’hiver 2026-2027, plusieurs signaux justifient une surveillance du marché des granulés. Mais à ce jour, ils ne permettent pas d’annoncer une pénurie nationale en France.
Réserve suffisante ?
Inutile de surstocker. Vous alimenteriez vous-même la tension que vous redoutez.
Chauffage principal et réserve presque vide ?
N’attendez pas le premier grand froid. Commandez maintenant pour une saison.
Dans tous les cas
Ne commandez que ce que vous pouvez stocker au sec, surélevé et ventilé.

Questions fréquentes sur le stock de granulés
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