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Connaître et combattre les mouches de la Cerise

Heureux possesseurs d’un cerisier dans notre jardin, d’une année sur l’autre, nous sommes toujours confronté au même problème : il nous ait impossible de récolter des cerises consommables ! En cause : des insectes ravageurs.

Je ne suis expert ni en entomologie ni en botanique, mais j’ai décidé de comprendre et combattre si possible avec des moyens naturels, en évitant tous traitements chimiques, les insectes ravageurs, responsables de cette catastrophe.

Cet article est donc consacré à la recherche de tous les renseignements et moyens utiles, de tous les « trucs et astuces efficaces », afin de mener à bien ce combat !

🍒Les mouches de la Cerise

J’ai indiqué dans le titre “les mouches de la cerise”, car si la mouche Rhagoletis cerasi, sévit depuis très longtemps dans nos campagnes, elle n’est de nos jours pas la seule !

Une autre espèce, peut-être encore plus dommageable, est malheureusement apparue dans nos régions depuis quelques années (probablement depuis 2010) : La Drosophila suzukii .

Chacun de ces insectes à un mode de vie et un comportement particulier, il faut donc apprendre à connaître leurs particularités pour pouvoir les combattre efficacement  individuellement.

Combattre les mouches de la cerise

🍒La Rhagoletis cerasi

Cette mouche mesure entre 3 et 5 millimètres de longueur et a une tache jaune sur son corps noir et des bandes longitudinales foncées sur ses ailes transparentes, ce qui permet de la reconnaître facilement. Elle attaque exclusivement les cerisiers, en particulier les variétés tardives comme les Reverchons, Napoléons et Cœurs de pigeon. Il semblerait que les variétés plus précoces, telles que les Burlat, Noire de Meched et Summit, soient moins affectées. La mouche Rhagoletis cerasi a un cycle de vie de 1 à 3 ans. En effet, la période de la pupe, qui est la période entre l’état larvaire et la nymphe, dure généralement un hiver, mais si les conditions sont défavorables à la métamorphose en mouche, certaines pupes peuvent demeurer en sommeil pendant 2 ou 3 ans.

▶Envol et ponte

Emergeant du sol, la mouche vole dans les vergers de début mai à début juillet, selon l’exposition et les conditions climatiques. Une à deux semaines après le début de son vol, la femelle pond jusqu’à 80 œufs qu’elle introduit à l’aide de sa tarière sous l’épiderme des cerises qui commencent à rougir, généralement un seul œuf par cerise. Elle marque ensuite l’orifice de ponte avec une substance chimique (phéromone) qui dissuade les autres femelles de pondre dans une cerise déjà occupée. 6 à 12 jours plus tard, l’œuf éclot et le petit asticot blanc qui en sort creuse alors une galerie jusqu’au noyau de la cerise et se nourrit de la pulpe jusqu’à atteindre 4 à 6 millimètres de longueur. Entre vingt et trente jours plus tard, à la fin de sa croissance, la larve sort de la cerise et tombe au sol. Elle pénètre alors de quelques centimètres dans le sol et se transforme en pupe, un cocon où la nymphe peut se former à l’abri des intempéries pendant tout l’hiver. Au printemps, lorsque la température est supérieure à 18°C, la nymphe se métamorphose en mouche et le cycle recommence.

▶Comment combattre la Rhagoletis cerasi

J’ai récolté toutes ces informations en faisant des recherches et cela m’a permis de créer un calendrier qui me permet de visualiser les différentes phases du cycle biologique de la mouche Rhagoletis cerasi. Selon moi, il y a trois périodes particulières qui permettent de combattre ce fléau: avant la métamorphose, au moment de l’envol de la mouche et pendant la pupaison.

✅Les Actions sur le sol

Avant la métamorphose, on traite le sol.

Sans utiliser de pesticides, une solution très efficace contre la mouche de la cerise consiste à épandre à la fin de l’hiver, sur toute la surface du sol correspondant à l’étendue de la ramure de l’arbre, du sulfate de fer sous forme de poudre ou de solution liquide. Cette solution, utilisée depuis longtemps, est aujourd’hui contestée car, en plus de tuer les pupes et nymphes de Rhagoletis cerasi, elle tue également certains insectes utiles. Cependant, il est important de prendre des précautions de manutention car le sulfate de fer est irritant pour les yeux, la peau et le système respiratoire.

Comment procéder pour traiter le sol ?
Il faut donc se protéger, porter des lunettes de protection, des gants étanches, un masque approprié, et des habits couvrant la totalité du corps, par exemple une combinaison à usage unique.

Astuces épandage du sulfate de fer :
Pour répartir le sulfate de fer, je calcule la surface à traiter autour de l’arbre. Ici, j’ai donc 28 mètres carrés. Je peux soit saupoudrer le produit, soit l’appliquer en arrosage. Quel que soit le mode d’application choisi, il faut se référer aux préconisations d’emploi du fabricant concernant les arbres fruitiers pour le dosage. Pour optimiser l’épandage et éviter de surdoser, j’ai divisé la surface à traiter en quatre parties égales avec des cordeaux. Selon la solution d’épandage choisie, je répandrai sept fois la dose de poudre préconisée pour un mètre carré ou sept arrosoirs de solution liquide dans chaque secteur.

Biner la terre autour de l’arbre :
Lorsque cela est possible, on peut biner la terre autour de l’arbre sur une surface correspondant à l’ampleur de la ramure de l’arbre. En période d’hiver, pendant les grands froids, mais surtout avant les dernières gelées printanières, pour faire périr un maximum de nymphes avant leur métamorphose. Personnellement, je situe cette période de la dernière semaine de mars à la première semaine de mai, mais cela dépend des régions.

Couvrir le sol autour de l’arbre :
Au moment de la pupaison, lorsque les larves tombent au sol, on peut déployer une bâche autour de l’arbre pour ramasser les cerises qui tombent et empêcher les larves de pénétrer dans le sol. Cela permet de ramasser les cerises, car il est important, même si elles sont toutes infectées, de les récolter régulièrement pour les détruire par le feu ou tout autre moyen sans les mettre au composteur ou au fumier. Cela permet également aux petits oiseaux du jardin d’éliminer une grande partie des larves qui tombent sur la bâche, comme une mésange bleue avec un asticot dans le bec.

Par ailleurs, personnellement, j’apporte une aide nutritive à ces petits oiseaux de la nature de décembre à mai, à proximité de mon cerisier, car ils représentent une aide précieuse pour combattre tous ces insectes, notamment les mésanges qui sont des granivores, mais surtout des insectivores confirmés. En agissant ainsi, je les fidélise et elles sont nombreuses à fréquenter le jardin.

Astuce couverture du sol :
Pour bâcher, si l’arbre n’est pas trop grand, on peut utiliser une bâche ronde d’hivernage pour piscines hors-sol que l’on découpe sur la longueur d’un rayon pour pouvoir la déployer autour de l’arbre. Elles sont généralement équipées d’œillets d’attaches, qui sont très pratiques pour la maintenir au sol à l’aide d’agrafes en acier à planter.

✅Le piégeage

Il y a trois principaux moyens de piégeage de la mouche  Rhagoletis cerasi : Le piège à glu, le piège à phéromone et le piège attractif.

  1. Le piège à glu : Très efficace, le piège à mouches est composé d’une feuille de carton engluée des deux côtés. Sa couleur jaune attire les mouches et elles s’engluent massivement. Selon l’importance de la ramure de l’arbre, plusieurs pièges doivent être installés. Je pense qu’il est préférable de les installer dès la mi-avril pour être opérationnel avant l’envol des premières mouches. Il est important de renouveler les cartons quand ils sont trop recouverts de mouches, et ce, jusqu’à la fin de la période de ponte, c’est-à-dire jusqu’à la mi-juillet, par précaution.
  2. Le piège à phéromones :C’est un récipient en plastique conçu pour attirer la mouche mâle de la cerise. En effet, ce sont des petites cartouches de phéromones sexuelles de mouche Rhagoletis cerasi femelle placées dans ce type de piège qui vont attirer les mouches Rhagoletis cerasi mâles. En éliminant massivement les mouches Rhagoletis cerasi mâles, une grande partie des mouches femelles ne sont pas fécondées et il n’y a donc pas ou peu de pontes. Un piège par arbre suffit généralement pour une efficacité reconnue. Ce type de piège spécifique à la Rhagoletis cerasi se trouve dans les commerces agricoles et jardinerie avec les cartouches ou pastilles de phéromones. Ce type de piège doit être mis en place du début mai à la mi-juillet en remplaçant les cartouches de phéromones régulièrement selon les indications du fabricant.
  3. Le piège attractif : Ce type de piège se trouve également dans tous les commerces agricoles ou jardinerie. Une solution d’eau et de poudre de phosphate diammonique est placée dans le réservoir du piège. Ce liquide, par son odeur fortement attractive pour la mouche Rhagoletis cerasi, les attire irrésistiblement une fois à l’intérieur ; la conception de ce piège en entonnoir ne leur permet pas de sortir. On peut toutefois fabriquer soi-même des pièges attractifs : le phosphate diammonique se vend séparément, il suffit de 20 grammes de poudre par demi-litre d’eau pour réaliser le liquide attractif.

Astuce fabrication piège attractif : Je récupère des bouteilles en plastique jaunes qui ont contenu de l’huile de cuisine. Je les rince avec un peu de liquide vaisselle, car un résidu d’huile peut bloquer l’émanation de l’odeur attractive en créant une nappe à la surface du liquide. J’ai besoin d’une perceuse, d’une bobine de fil de fer souple et d’un petit entonnoir pour terminer mon piège. Je perce quatre trous de 5 millimètres autour de la bouteille, à environ deux tiers de sa hauteur, à l’aide du foret. J’introduis une solution d’eau et de phosphate diammonique préparée à part et je referme le bouchon. En utilisant un fil de fer souple de 80 cm de long, je crée un système d’attache autour du col de la bouteille et mon piège est opérationnel. Trois bouteilles réparties autour de l’arbre suffisent. Je les renouvellerai au moins deux fois pendant la période de piégeage, qui va de la mi-avril à la mi-juillet.

🍒La Drosophila suzukii 

La Drosophila suzukii, également connu sous le nom de moucheron asiatique, est un ravageur redoutable de taille inférieure à 3 millimètres, plus petit que la Rhagoletis cerasi. Il s’attaque à de nombreux types de fruits, tels que les cerises, les fraises, les raisins et d’autres encore. Contrairement à la Rhagoletis cerasi, qui passe par une étape de développement de la pupe dans le sol, c’est l’adulte du Drosophila suzukii qui hivernera dans des cachettes sous les pierres et les feuilles de buissons. Ces moucherons se réveillent dès que la température dépasse 10°C. Une femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs, 10 par fruit, ce qui peut rapidement rendre les fruits touchés mous et la pulpe presque liquide, causant leur pourrissement rapide.

▶Cycle biologique du moucheron Drosophila Suzukii

D’après les informations que j’ai pu récolter sur le cycle de vie du Drosophila suzukii, j’ai tenté de synthétiser ces éléments pour avoir une vision globale de la réalité. Selon les conditions climatiques, ce cycle peut durer de 12 à 24 jours. L’éclosion des œufs peut se produire de 12 heures à trois jours après la ponte, suivie par un développement larvaire en trois étapes pendant 6 à 13 jours. La pupaison et la métamorphose en mouche peuvent durer de 4 à 15 jours. Cela rend difficile la représentation du déroulement de ce cycle aléatoire.

Malgré cela, j’ai créé un calendrier du cycle biologique du Drosophila suzukii. Les moucherons mâles et femelles peuvent vivre de 3 à 9 semaines, mais dès 1 à 3 jours après leur émergence, ils sont capables de s’accoupler et de pondre une nouvelle génération de larves. Selon les conditions climatiques, de 8 à 13 générations peuvent se succéder du printemps à l’automne. Les dernières générations hivernent et le cycle reprend au printemps. Il semble que plusieurs jours de froid et de gel intenses pendant l’hiver puissent être fatals pour eux.

▶Combattre le Drosophila Suzukii

Les deux périodes d’actions principales de lutte contre le  moucheron Drosophila suzukii, sont: pendant la pupaison, et sur l’insecte adulte.

  • Moyen de lutte contre la pupe du  moucheron Drosophila suzukii : Depuis peu, un moyen naturel de lutte biologique contre le moucheron Drosophila suzukii, mis au point par Bioplanet, a obtenu une autorisation d’introduction en France. Il s’agit d’un parasitoïde nommé Trichopria drosophilae. La femelle du Trichopria drosophilae pond un œuf dans la pupe du Drosophila suzukii. La larve se développe rapidement à l’intérieur de la pupe, en perçant ensuite un trou dans l’enveloppe de la pupe. Un nouveau parasitoïde Trichopria drosophilae émerge, et le cycle recommence (cycle de 3 semaines). Chaque femelle de ces parasitoïdes a la capacité de pondre dans une centaine de pupes de Drosophila suzukii, et chaque femelle émergente qui sera fécondée par les mâles pourra, je l’espère, faire de même. Cela représente un sacré potentiel d’éradication du moucheron Drosophila suzukii. Bioplanet commercialise ce parasitoïde vivant dans un flacon contenant 500 pupes de parasitoïde Trichopria drosophilae. Bien que destiné au départ aux sériciculteurs, il est apparemment possible pour un particulier de se procurer un ou plusieurs flacons.
  • Moyen de lutte contre le moucheron Drosophila suzukii adulte : Lorsque le Drosophila suzukii atteint l’âge adulte, il ne reste plus qu’une solution : le piège attractif. Bioplanet et « Insectes utiles » proposent un piège spécialisé dans la capture et la destruction des Drosophila suzukii. Son couvercle rouge attire le moucheron Drosophila suzukii, qui pénètre dans le piège par des orifices spécialement conçus à sa taille, ce qui réduit la capture d’autres insectes. Un liquide attractif est normalement livré avec le piège, ainsi que les instructions d’emploi.

▶Faire soi-même le liquide attractif.

Sa composition est simple, pour un litre de liquide attractif :

  • 50% d’eau minérale (non traitée)soit 50 centilitres.
  • 40% de vinaigre de cidre, soit 40 centilitres.
  • 10% de vin rouge, soit 10 centilitres.
  • Quelques gouttes de liquide vaisselle incolore.
  • Quelques gouttes d’Acétone 0,5 centilitres, l’acétone se trouve dans les drogueries ou les magasins de bricolage.

Conclusion

Pour combattre ces deux fléaux, l’idéal est d’appliquer toutes ces mesures, cependant combiner quelques-unes d’entre elles sera déjà une action positive. Personnellement, j’ai un cerisier qui fructifie depuis plusieurs années, sans traitements et sans actions contre ces insectes, résultat 90% de cerises inconsommables. Je vais donc commencer une lutte intensive, pour mettre toutes les chances de succès de mon côté.

▶Pour combattre la  mouche Rhagoletis cerasi 

Je vais épandre du sulfate de fer en Octobre, action que je ne répéterai pas, car si ce produit était considéré antérieurement comme un engrais, aujourd’hui on connaît son action négative, sur les êtres vivants qui contribuent à la fertilisation de la terre. En Janvier, je travaillerai la terre par binage autour de l’arbre, et je recommencerai avant les dernières gelées printanières. Je mettrai en place, dès la mi-Avril, au moins quatre pièges à glu répartis autour de l’arbre à 2 mètres de hauteur. Ainsi que trois ou quatre bouteilles pièges attractifs au phosphate diammonique. Au début du mois de Mai, je mettrai en place, à la même hauteur, un piège à phéromones, pour éliminer un maximum de mâle Rhagoletis cerasi. Enfin au début du mois de Juin j’étendrai une bâche autour de l’arbre.

▶Pour combattre le moucheron  Drosophila suzukii.

Je me procurerai un flacon de parasitoïde Trichopria drosophilae, dont je libérerai le contenu  à la fin du mois de Mars ou début Avril, selon les conditions climatiques. Je me procurerai également quatre pièges spéciaux Drosophila suzukii, que je disposerai autour de l’arbre, et je préparerai du liquide attractif.

Cela fait beaucoup, mais c’est à mon avis le seul moyen de stopper le cycle de ces insectes, en espérant que dans les années à venir moins de moyens seront nécessaires pour protéger mon cerisier, et pouvoir ainsi recommencer à profiter de ce magnifique fruit.